Affichage des articles dont le libellé est Vie professionnelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vie professionnelle. Afficher tous les articles

10 févr. 2012

Un petit bout du quotidien

c'est les vacances : oui oui encore et toujours en vacances... faut pas chercher plus loin une cause au fait que les profs n'arrivent jamais à boucler le programme et d'autant plus ici où il faut jongler avec la chorale, la piscine, Dos Rios (sortie d'une journée toutes les 3 semaines pour aller faire du sport dans les montagnes), les défis rollers, danses folkloriques et autres fêtes des sciences, des poètes, du goût, des arts, de la philosophie, ..., l'espagnol, l'anglais, les jours fériés qui nous offrent non pas des ponts mais des aqueducs que certaines familles transforment en semaine fériée ! ou encore quand les élèves sont absents 2 jours avant et 2 jours après les vacances "parce que papa et maman ont dit que c'est moins cher l'avion". Avec tout ça c'est pas gagné pour faire entrer quelque chose dans tous ces petits crânes pollués par la TV américaine et mexicaine 10h par jour : ici dès 5 ans, les gamins ont leur télé dans la chambre ! ils se couchent à 22h si ce n'est pas minuit et pour gagner du temps le matin, les parents les habillent le soir... et comme ce sont tous des assistés, je passe la moitié de mon temps à leur apprendre à accrocher un manteau sur le dossier d'une chaise et non pas attendre la main tendue que ça se passe; à soulever une chaise pour s'installer correctement face au bureau au lieu de se glisser comme un vers de terre entre les 5 millimètres existant entre la chaise et le bureau quand ils arrivent; à tenir des cartes, des images, des pions, des feutres TOUT SEUL; à se moucher AVEC un mouchoir et non pas avec chaque doigt avant d'engloutir avec délectation le "précieux trésor"; à garder les mains sur la table et non dans le slip parce qu'ici à  8 ans ils (fille comme garçon) découvrent les joies du "frottis" sur le bord d'une chaise, d'un banc ou au moyen de leurs menottes sans éprouver aucune gêne à lever l'autre main pour participer! et en plus il faudrait que chaque enfant ait un surnom du style "mon amour, ma vie, mon trésor de tous les jours, merveilleuse 8eme merveille du monde, ... " parce que "vous comprenez vous les français vous êtes trop durs avec nos enfants" "et ben "p,njhgvcxzj,;!hnbgv ...." mets-le dans une école mexicaine ton gosse si tu veux qu'il reste passif, à apprendre tout par cœur sans jamais prendre d'initiative, rrrrrrrrrrrrrrrrh" bon là je m'excite, ils ne sont pas tous comme ça mais c'est ceux qui marquent le plus et il existe aussi des écoles, privées, mexicaines qui fonctionnent bien sinon je sais pas comment le pays avancerait (en allant au USA ;-)) enfin, ça ne m'empêche pas d'apprécier mon boulot et d'avoir de bons fous rire en salle des maîtres : travailler en équipe c'est pas toujours évidents (rencontrer 50 prof, les directeurs, les parents, personnaliser le parcours de 140 élèves : je suis loin d'être efficace pour tous mais c'est ça ou rien ... alors je préfère ça que de devenir une vraie femme d'expat', brrr...) mais dans 2 semaines j'aurai l'occasion de clarifier mon poste avec directeurs, proviseur et inspecteurs !

bise 
Agnès

29 oct. 2011

chacun son rythme

on n'est pas tous égaux face au boulot... 
après 8 semaines de labeur, j'ai déjà une semaine de congés, payés !

13 nov. 2010

Début de vie active

Voilà un bout de temps que je n'ai pas mis à jour mon carnet de bord. Il faut dire que l'entrée dans la vie professionnelle c'est pas mal prenant. Bon d'accord, je ne peux pas me plaindre question horaire! Ici, les enfants vont à l'école de 8h à 14h, tous les jours de la semaine, de la maternelle au primaire. A partir du collège seulement, les cours ont lieu toute la journée. Je suis donc auprès des enfants en non stop toute la matinée ... ou presque : je redécouvre le système de récréation! même si ce n'est pas du temps passé avec les élèves, ce sont des moments riches pendant lesquels les informations circulent de manière informelle et à une allure fulgurante. J'ai appris (fort heureusement pas à mes dépends !) ce que veut dire l'expression "tournez sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler" ! Tout ce sait... Bref, je n'ai pas une minute sur mon temps scolaire, je passe donc quelques après-midis à préparer les séances, à confectionner le matériel, et à bouquiner sur le sujet. Même si faire parler les gens c'est mon domaine, la population à laquelle je suis confrontée est tout à fait nouvelle pour moi. La plupart des enfants que je suis n'ont pas de langue maternelle définie et souvent le français n'est pas parlé à la maison! Les histoires familiales au Mexique sont à mon goût trop souvent dramatiques et bouleversantes. Pour autant ils n'ont pas l'air si malheureux, je ne sais pas où ils puisent toute leur énergie mais ils sont plein de ressources.
 

En plus des quelques après-midi libres, j'ai eu un jour férié il y a 15 jours. Au Mexique, on ne fête pas la Toussaint ni Halloween (même ici ça ne fait pas fureur) mais El Dia de Muertos le 2 novembre autrement dit une fête joyeuse pendant laquelle on célèbre les morts. Le 1er novembre est dédié aux enfants, le 2 novembre aux adultes. Les mexicains préparent el pan de muerto: petit pain sucré parfois aromatisé à l'anis ou au zestes d'orange et un pique-nique qu'ils vont déguster sur la tombe de leurs défunts. Ensuite tout le monde se rend au zocalo (place centrale du village) déguisé en squelette ou autres représentations de la mort pour admirer le travail de certains artistes : tout est très coloré et chargé en détails ! La foule est dense mais il n'y a pas de heurts, on croise par-ci par-là des chamans qui vous débarrassent des mauvais esprits à l'aide de plantes magiques et de chants traditionnels...en échange de quelques pesos. Les sons de cloches qui annoncent la messe se mêlent donc à leurs chants et aux concerts organisés en face de la cathédrale. La mort n'est donc pas taboue et les plus petits y sont confrontés très tôt.

Et cette semaine on a encore eu le droit à un autre jour férié à l'occasion de l'anniversaire de la révolution mexicaine (euh oui encore ...). On a donc eu un week-end de 3 jours. On en a profité pour aller faire l'ascension de la Malinche (un ancien volcan à 2h30 de Mexico) qui culmine à 4461m. d'altitude. Des amis d'école de Romain qui terminaient leur séjour au Mexique nous ont rejoins pour l'occasion ainsi que des amis de Mexico. Nous avons dormi dans un petit chalet au pied du volcan. Malheureusement nous sommes arrivés un peu tard dans la nuit: la signalisation n'est pas le fort du Mexique. La source sûre pour demander son chemin c'est le Pemex soit la station service. Heureusement, on en croise assez souvent sur les routes pour pouvoir recroiser les informations. Arrivant tard nous n'avons donc pas pu allumer un feu... la nuit fut légèrement glaciale à 3300 m. Mais après un bon petit dej et un cafe de olla (un café typique de la région à la cannelle) nous pouvions démarrer... mais certainement pas à toute allure ! Nous n'avons pas pu échanger beaucoup de mots... non pas que nous devions garder nos forces pour supporter les 1000m de dénivelé mais parce que le manque d'oxygène se fait très vite sentir.

On était une dizaine à souffler comme une locomotive. Nous partîmes à 11, 2 personnes nous abandonnèrent à la lisière de la forêt juste au moment où la balade offre enfin une belle vue sur toute la vallée. C'est aussi à partir de là que le chemin devient de plus en plus raide : d'abord il faut atteindre la crête. C'est ici que nous perdîmes une 3ème personne, Romain pour ne pas le nommer ! puis grimper dans les rochers (à 4 pattes) puis escalader un peu pour atteindre le sommet. Nous parvînmes à 8 au sommet (une ascension en 4h pour moi !) et où des chiens errants attendaient leur casse-croûte!



On a eu un temps superbe durant toute la balade et pas un souffle de vent au sommet. On a pu voir les 3 fameux volcans du Mexique : le Popocatepetl encore en activité (on a entendu quelques grondements et vu de la fumée s'échapper ) et qui représente l'homme; l'Iztaccíhuatl qui représente la femme (le sommet du volcan a la forme d'une femme allongée) et endormie. Et enfin l'Orizaba avec son sommet enneigé. On est resté près de 2h au sommet pour pique-niquer et faire la sieste ! Mais le mal de tête nous a obligé à redescendre. La première partie est plutôt sympa: séance de sauts et de dérapages dans la cendre. La suite vous rappelle douloureusement la présence des muscles de vos cuisses... On n'a pas fait long feu le soir...


Le lendemain on a passé une journée tranquille à Cholula où il y a la plus grande pyramide du Mexique. Aujourd'hui, elle ne ressemble plus qu'à une colline, comme au temps de Cortes qui d'ailleurs y a construit une église à son sommet. On a ensuite arpenté les rues de la ville (à défaut des 13km de souterrains de la pyramide pour cause de fermeture) tout en sirotant un chocolat au lait local qui en fait est un chocolat à l'eau assez surprenant ! amer et sucré à la fois avec une couche de mousse sur le dessus.

14 sept. 2010

De retour à l'école

Diplômée en juin, me voilà de nouveau sur les bancs de l'école en septembre !

Avant de partir, j'avais trouvé un poste au Lycée Franco-Mexicain.
Il m'avait proposé 2 jours de boulot par semaine en primaire : pas grand chose mais au moins ça ! histoire d'être occupée la semaine (avant de trouver un poste d'orthophoniste), ne pas m'ennuyer jusqu'en décembre et accessoirement, gagner un peu de sous aussi ;-) .

J'ai fait ma rentrée le 31 août avec un beau cahier, une trousse pleine de feutres, colle, paire de ciseaux, gommettes et autres fournitures indispensables en tant qu'orthophoniste travaillant auprès des enfants.

Je me rends donc 2 fois/semaine à l'autre bout de la ville (autant dire que je traverse un état pour aller travailler). Je fais partie du GAED (groupe d'aide aux enfants en difficulté, anciennement connu sous le nom de RASED si ça vous parle plus). Mon job, c'est " de mettre les enfants dans des situations de communication concrètes, vraies et ludiques dans lesquelles ils ne doivent s'exprimer qu'en français ". Avec un nom de poste comme celui-là, autant vous dire que je suis assez libre. Je n'interviens pas en tant qu'orthophoniste (il y en a déjà) mais vu les objectifs ça correspond aux prises en charge " nécessitant des techniques de groupe pour des retards de parole et de langage oral " (Nomenclature mars 2008).

En 10 jours, je n'ai pas encore pris beaucoup d'enfants, il faut leur laisser le temps de dévoiler leur(s) difficulté(s). Je ne suis donc pas encore débordée ... ou presque. Le lycée franco-mexicain est divisé en 2 sites sur Mexico. Quand j'ai accepté le poste en mai, le proviseur m'a affecté à l'un d'entre eux car sur le second une mexicaine se chargeait déjà d'animer les groupes ... jusqu'à ce qu'elle leur fasse faux bond à la rentrée... vous devinez la suite ?
Je suis donc maintenant à plein temps ! Je travaille alors sur 2 sites (un au nord de la ville, l'autre à l'extrême sud), pour 1 proviseur mais 3 directeurs différents. C'est un peu l'usine mais l'ambiance est pour le moment très sympa. Je suis contente de voir toute l'organisation et d'être en contacte avec touuuuute l'équipe pédagogique.


En acceptant le temps complet, je me lance un défis : démarrer ma vie professionnelle à l'étranger ! Ça me permettra de découvrir le système scolaire (en France, je n'ai pas le droit d'intervenir au sein de l'école, ici j'entre donc dans la "zone interdite" celle avec laquelle je lutterai plus tard pour travailler en partenariat) et ça me permettra aussi de comprendre concrètement les difficultés liées au bilinguisme (problème auquel les orthophonistes sont de plus en plus confrontées).

Fini donc les vacances ! enfin pas tout à fait : j'ai le droit à un week-end plus que prolongé cette semaine parce que le Mexique fête le Bicentenaire (15 septembre 1810, date de la guerre d'indépendance; et en 1910, date de la Révolution Mexicaine). Mexico se drape alors de rouge, blanc et vert ! et c'est la fête pendant 4 jours.