Il était temps de tester mon cadeau de noël : mes chaussures de rando ! C'est chose faite grâce à un nouveau week-end prolongé. On a eu " un jour férié pour l'anniversaire de Benito Juarez et c'est donc le changement de saison hiver-printemps " (dixit les élèves de CE1 !)
On pensait visiter quelques villes de l'état du Queretaro (au nord de Mexico) mais à la dernière minute on a opté pour un week-end nature et on n'a pas regretté. Les guides touristiques font peu état de ce qu'il y a à voir dans cette région : la Sierra Gorda qui fait partie de la Sierra Madre Oriental et pourtant elle mérite le détour. A la prochaine occasion, on y retourne.
C'est une région sauvage où les paysages, et les températures, changent du tout au tout en quelques minutes : montagnes rocheuses, abruptes, couvertes de forêts d'arbres en tout genre (pins, feuillus, arbustes, cactus, palmiers, ...); plaines désertiques avec quelques oasis, ... Bref, en quelques mots, la Sierra Gorda est une réserve naturelle exceptionnelle. On n'a pas fait les mollusques ce week-end là ! le dimanche fût une lonnnngue journée :
- levés à 3h30 du matin pour aller voir El Sotano del Barro sans savoir vraiment si ça valait le coup (impossible d'obtenir la même information auprès des mexicains). C'est un "trou" de 450 m de profondeur, 200 par 400 m de largeur. C'est une formation quasi-unique au monde. Il en existe 2 au Mexique et une au Venezuela. Ce puits est le 2ème plus profond après celui du Venezuela et on peut y observer des guacamayas, une des dernières colonie de perroquets tricolores en voie d'extinction et qui vivent au fond du puits.
- 45 min de route sinueuse, goudronnée, pour rejoindre une piste
- 45 min de piste (chemins sinueux, traverser une rivière, éviter les trous, le ravin, ... ) en pleine nuit pour rejoindre le village Santa Maria Cocos d'où démarre la rando !
Et là, heureusement qu'un groupe de 15 personnes avait prévu une excursion : ils avaient réservé guides et chevaux pour grimper. Parce que nous, comme des koxpeï (touristes) on pensait grimper seuls. Mais on a appris sur place que la rando durait 2h (et non 45 min comme nous l'avaient indiqué des amis) et qu'il n'y avait pas de chemin balisé ! Alors, le fournisseur de guide (un gamin de 12 ans !!) nous a obtenu un guide ... de 15 ans. Et nous voilà partis dans le noir : le guide en T-shirt, tennis, sans lampe de poche (la lumière de la pleine lune lui suffisait apparemment) sans eau ni en-cas et nous chargés comme des mules avec nos polaires et notre petit dej sur le dos ! Une rando plutôt sportive, à la belle étoile, où il fait 20°C en partant et plus que 8 en arrivant mais qui vaut la peine de souffler pour découvrir au sommet ... ou plutôt au bord du trou, le dernier envol des guacamayas qui au levé du soleil quittent le fameux puits pour la journée. On a profité de la vue et du levé du soleil pour prendre un petit dej copieux (tartine de Nutella, banane, barres de céréales, jus) et bien qu'au bord du trou on était bien ! Au bout d'une heure, on est finalement redescendu... en plus de 2h (c'est vous dire à quel point on a tracé en montant pour être à l'heure).
On est alors allé se détendre au bord d'une rivière. En réalité à la jonction de 2 rivières où le mélange des 2 eaux est étonnant : c'est un peu comme quand on met du lait dans du thé !
L'appel du ventre nous a traîné jusque dans un village : Jalpan où l'on peut admirer une des cinq missions (cathédrales) dont les façades sont travaillées avec minutie !!
Enfin, on s'est rendu à Bernal pour apercevoir un monolithe de 400m de haut, unique dans la région aussi, perdu au milieu de la plaine. Et lors de l'équinoxe (le 21 mars) les villageois se parent de blanc pour recevoir l'énergie solaire.
On est aussi passé par Tequisquiapan, un village surprenant car silencieux et tranquille : les marchands ne se jettent pas sur les touristes, ils n'y a pas de sono à fond ni d'annonces au micro, ... et le décors pourrait être celui d'un parc d'attraction.Le retour à la ville est dur après avoir traversé des espaces immenses dépourvus d'habitation.
Agnès et Romain