Pueblos Mancomunados
C'est pas évident de trouver un(e) coequipier(e) de rando et qui aime voyager en "sac-à-dos". Bon, c'est vrai qu'il faut aussi du temps ... et ce ne sont pas les entreprises mexicaines qui offrent le plus de jours de congés. C'est donc avec une française que je suis partie 4 jours dans l'état de Oaxaca pour découvrir les Pueblos Mancomunados.
Ces villages regroupent des communautés zapotèques qui vivent sur les hauteurs des montagnes de la Sierra Norte de Oaxaca (voir carte: Pueblos Mancomunados).
L'idée c'est de proposer de l'écotourisme. Effectivement, tout est
aménagé pour ne pas dénaturer le coin et pour consommer les produits
locaux : cabanes dans les bois, savon naturel, chauffage au bois (oui !
c'est nécessaire car même si c'est le printemps, les nuits sont fraîches
!)... et repas quasiment chez l'habitant. Le menu ? il n'y en a qu'un
seul : ce qui se trouve dans le frigo et toujours accompagné de
tortillas (qui font 3 fois la taille de celles qu'on trouve au DF) et de
pain fait maison. En guise de dessert et pour se réchauffer, un bon
chocolat chaud aromatisé aux épices et à la cannelle. Et si on s'ennuie,
il y a toujours des enfants par-ci par-là bavards comme tout, curieux
de savoir d'où on vient, où on va... et prêts à jouer aux cartes !
Bon ça c'était pour poser le cadre.
Pour y arriver, aux pueblos, c'est une vraie chasse au trésor. D'abord, au terminal d'autobus de Oaxaca, personne ou presque ne connaît ces villages ou comment s'y rendre. Certains même se demandent pourquoi on souhaite tant y aller ! Ben ... pour apprécier la quiétude, oublier la pollution visuelle, auditive et de l'air de la ville !! Donc après 1h de discussion ont a pris un premier bus qui nous a laissées à la sortie de Oaxaca. De nouveau, aller à la pêche aux infos... et comme ça faisait 20 min qu'on attendait le bus qui devait nous déposer directement aux villages... (et qui je crois ne passe que 2 fois par jour ...) on est finalement monté dans un autre collectivo avec un chauffeur très sympathique qui nous a indiqué où descendre et comment poursuivre notre route. De nouveau, on descend au croisement d'une nationale avec un chemin de terre et la chance continue : une camionnette
est sur le point de partir pour nous déposer ! c'est parti pour 1h15 sur une piste en terre, à l'arrière de la camionnette avec un mexicain qui remonte voir sa copine restée au village pendant qu'il travaille toute la semaine en ville. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'on a découvert Llano grande. On cherchait le calme, on n'a pas été déçues !! on y a dormi comme des loirs. Reposées et en forme on est allé marcher toute la journée. Pour se faire une idée, c'est un comme un paysage de dessins animés : tout semble un peu irréel et ordonné comme dans un tableau. Une rando sous les pins, en traversant des prairies pour atteindre en douceur des mirador. En chemin, on a fait connaissance avec des anglais, des allemands et des mexicains. C'est d'ailleurs avec ces derniers qu'on a passé la soirée. Il y avait parmi eux, le petit-fils de celui qui a mis en place il y a 15 ans le regroupement des communautés pour permettre aux touristes de découvrir leur mode de vie et la région tout en offrant aux
populations un nouveau revenu sans avoir à descendre en ville. Grâce à lui, on a évité 4h de rando pour se rendre dans un autre village, Benito Juarez. Il nous y a déposées, en voiture, et nous a même négocié une cabane sur place. Il nous a emmené jusqu'au point culminant juste à temps pour le coucher de soleil sur la vallée.Et c'est là-haut que j'ai croisé une famille de tisserand et amis d'une collègue de boulot !! décidément le monde est vraiment petit.
Le lendemain, on a découvert les environs autrement et nos fesses, mollets et bras s'en souviennent !! 5h de vélo pour faire la boucle Benito Juarez-Latuvi!! 2h de descente sur les sentiers couverts d'épines de pin, les mains en permanence sur les freins, jamais assise et toujours en équilibre pour éviter les branches et de glisser dans le ravin ! Des sensations fortes mais un parcours exceptionnel par le terrain et les paysages avant de faire une pause au bord de la rivière, casser la croute et repartir pour 3h de pura subida !!! pas un
seul plateau pour souffler : NON, rien de rien ! que de la côte ! Heureusement que le vélo était de qualité (7500 pesos le vélo): léger, suspensions plus qu'efficaces, selle confortable, 21 vitesses (enfin je n'ai utilisé que la 1ère...). Et dire que nous, on en a eu que pour 200 pesos : location et guide compris pour la journée ! Bref, une journée de sport pour toute l'année qui a failli se terminer en nœud de boudin... parce qu'une fois de retour à Benito Juarez ... plus de navette pour Oaxaca et personne pour nous déposer sur la piste principale. Encore une fois, la générosité des mexicains nous a sauvées ! Une famille, en voiture, faisant escale quelques minutes pour acheter de l'eau et quelques vivres, a accepté de nous emmenées !! youhouuuuuuuu ! malgré notre allure peu engageante (marque du casque au front, cheveux en pagaille, auréoles sous les bras, sac de rando gonflé à bloc, ...). Parler la langue du pays et connaître quelques expressions idiomatiques ça aide ! Le père nous a même proposé de visiter avec eux un atelier de tissage et de nous déposer ensuite à Oaxaca. On a eu le temps de partager une glace pour les remercier.
En 2h de temps on est arrivé à Oaxaca. Ce qui nous a permis de trouver une auberge aménagée pour oublier qu'on est en ville et de profiter de la soirée. Le lendemain matin, on pensait visiter Oaxaca mais avec toutes les manif du 1er mai on a préféré fuir jusqu'à San Bartolo Coyotepec : un village spécialisé dans la poterie avant de reprendre le bus pour Mexico.
Encore une belle région que je n'oublierai pas pour son calme, la gentillesse des gens et la qualité de l'artisanat !
Agnès (et Claire, une chouette coéquipière pour le week-end)
3 commentaires:
Ces terribles enfants qui ne pensent pas aux parents qui tremblent de peur loin de Mexico, de Ba et Chambery!!
Et si un jour ils reviennent tous pas très loin de Groslay- ça pourra etre super!Bisous et fais attention !
c'était pas risqué: on était 2 ! je ne serais pas partie seule parce que parler toute seule j'aurais pu mais on m'aurait prise pour une folle ... et les villages qui appartiennent au regroupement d'écotourisme sont régis par des associations, y a des touristes qui viennent de partout (comme le jeune couple d'anglais, les allemands c'était une famille, les mexicains c'étaient des jeunes de mons âges et musiciens donc rien d'affolant).
mais je vois que tu t'inquiètes ... je te raconterai sur skype avant d'écrire alors ...
gros bisous
et je rentre un peu cet été c'est déjà ça !
de nouvelles photos dans l'album "Pueblos mancomunados"
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